Est-ce qu’elle marche?

Suite de la poussette: c’est vraiment lourd et pas très agréable à transporter. On s’habituera probablement, mais on devra oublier l’idée d’utiliser le siège de la poussette comme siège d’auto car au poid que ça a, il serait impossible de sortir Charlie de l’auto toute seule. Juste de passer du format chaise-haute à poussette est un peu un aria… alors on oublie le reste! Mais patience… il ne faut pas être récalcitrant face au changement!

J’étais curieuse toutefois de voir la réaction, en public, avec cette poussette. Dans ma tête, Charlie devient un peu plus ‘handicapé officielle » assise là-dedans, mais ça ne semble pas trop être le cas.

Nous en sommes encore à l’étape où notre petite Charlie est en poussette, et où les gens ne réalisent pas vraiment qu’elle est handicapée alors les questions ne sont pas trop fréquentes pour le moment.

Je vous invite à lire un excellent article sur le sujet, un de ceux que j’aurais aimé écrire moi-même 😉
http://www.guillaumeetnous.org/2010/05/02/une-vie-moins-ordinaire

Mais ce midi au resto une dame m’a demandée si elle marchait, et je lui ai dit que non, sans plus. Je n’aime pas trop lancer au visage des gens que Charlie est handicapée, à cause du malaise que ça cré. Mais la dame a renchérit avec « est-ce qu’elle commence à se tenir debout? » Et là j’ai décidé de répondre que non, Charlie ne marchera pas. Surprise dans le visage de la dame, qui demande pourquoi. Je tente de lui expliquer qu’elle est handicapé, etc… Elle me demande si Charlie est né à l’hôpital ?!?!? Oui oui… Et elle me dit qu’elle pourrait nous surprendre et qu’on arrive un jour à la maison et qu’elle se tienne debout…. et moi de sourire et de ne pas répondre…

Car à quoi bon? D’un côté je n’aime pas mettre les gens mal à l’aise face au handicap, mais d’un autre côté, il faut bien un jour ou l’autre faire prendre conscience aux gens de ce qu’est le handicap et la vie avec un enfant handicapé, et surtout leur faire voir que même si parfois c’est difficile, même si souvent on a besoin de se vider le coeur, en même temps c’est une vie remplie d’amour, de petits succès, qui nous amène à se réaliser pleinement.

En quittant le resto, j’ai souhaité « bonne journée » à la dame, qui m’a répondu « bon courage! »… Je crois que je devais apprendre à m’y faire… ça devient immédiatement de la pitié.

Je sais bien au fond de moi que ce petit échange de quelques phrases aura eu un impact ne serait-ce qu’infime mais un impact tout de même dans la vie de cette dame.

Je réalise aujourd’hui que je me retrouve un peu dans la même situation qu’au temps où je vivais dans le village gai à Montréal, et où il fallait « militer pour la cause » et devenir invariablement un porte étandard à la défense des droits des gais.

Aujourd’hui cette cause devient « les enfants handicapés » et je crois que je ne suis pas encore prête à en faire une bataille de tous les jours. Oui, je suis très ouverte à en parler avec les gens qui m’aborde et m’entoure, mais non je n’irais pas tout de suite m’impliquer dans une asso de défense des droits des handicapés.

Mais j’ai un brulant désir secret… chaque fois qu’on quitte un magasin et que des gens assis à une table m’accrochent en me demandant de faire un don pour le cancer, les aveugles, etc… jusqu’à présent je me suis retenue, mais j’ai toujours cet envie de répliquer: « non merci, j’ai moi-même une enfant handicapé, et en ce moment, j’ai le goût d’investir en elle plutôt que dans une cause quelconque »…

2 Réponses à Est-ce qu’elle marche?